Pendant deux mois, ces enfants seront formés aux mécanismes et responsabilités des industriels. Ils sont là parce qu'ils ont tous eu un bon résultat dans leur cursus scolaire, principale condition pour se joindre à nous en plus de celle de provenir d'un collège ou d'un lycée des villages autour de Bafang. La plupart proviennent des gens écoles avec lesquelles, tout au long de l'année scolaire, nous développons avec leur enseignant principal une immersion dans l'industrie. C'est une sorte de formation continue gratuite tout au long de l'année scolaire visant l'objectif d'espérer faire naître très tôt des vocations d'industriels dans ces enfants. En occident, être industriel est avant tout, une notion de classe sociale. C'est un concept destiné essentiellement à la classe moyenne. Ici à Bafang, nous tentons, par ces initiatives, une autre expérience, celle de gommer la frontière sociale qui définit l'industriel en donnant la chance aux enfants des pauvres mais très éveillés d'éveiller en eux l'esprit de conquête et de liberté d'un industriel. C'est un programme que nous avons mis sur pied depuis des années, comme module de la formation des Nouveaux Industriels Africains (Rinvindaf) de la Pougala Academy, mais exclusivement destiné à donner les indications à chaque participant pour former ses propres enfants à la maison. Il s'agit d'un module pour préparer la relève pour toutes les entreprises que nous créerons. Une entreprise industrielle par définition, doit survivre à la vie de son créateur et passer plusieurs générations. Malheureusement, les africains industriels oublient souvent de préparer leur relèves aux difficultés et aux tracasseries quotidiennes d'une entreprise industrielle. Ce qui se traduit par la fermeture à la mort du patriarche. La solution est d'impliquer les enfants très tôt dans tout ce que vous faites. Les meilleurs réflexes s'apprennent quand les enfants sont petits. C'est expérience que nous avons voulu porter aux enfants des autres moins chanceux que nous. Et la surprise a été de taille. Nous ne nous attendions pas à un tel enthousiasme des enfants dont les parents n'ont rien à voir avec l'industrie. L'exploit de toute société est de permettre aux enfants de rêver positivement à la possibilité de sortir de la misère pour changer de classe sociale. C'est en tout cas notre pari durant ces deux mois de vacances avec nos jeunes stagiaires, qui vont tout partager de nos actions au quotidien, y compris surtout la façon dont nous affrontons les difficultés, les goulots d'étranglement qui surgissent sur notre passage. Comme chaque année à cette période, j'espère que chacun de nos diplômés de la Pougala Academy, passés par Bafang est en train de répliquer dans le village où il est installé partout en Afrique, la même initiative d'offrir des stages rémunérés aux enfants de votre territoire. C'est le rôle social de nos entreprises industrielles africaines comme nous vous avons enseigné ici à Bafang. Nous ne sommes pas des conquistadors pour nos populations, mais un instrument d'émancipation sociale. Rappelez-vous de ce que je vous ai enseigné durant la formation ici à Bafang :