A quelque chose malheur est bon, récite le dicton populaire. Quand il y a 10 ans, les économistes russes traçaient les diagrammes pour représenter l'économie du pays dans un arc de 10 ans, je suis certain que dans leurs prévisions les plus optimistes, ils n'ont jamais imaginé ce qui leur arrive depuis 3 ans. Ils n'avaient tout simplement pas imaginé que l'occident ferait à la Russie, un cadeau du ciel, que je vous simplifie en une phrase : miser sur l'Asie florissante et non plus sur l'Europe, devenue plus pauvre. Les économistes russes étaient aveuglés comme le monde entier par la narration mensongère d'une Europe qui serait le premier marché du monde. Ce qu'on avait oublié était l'exploit de la Chine a été de sortir de la pauvreté en 30 ans un milliard de chinois. Dit comme ça, ne vous donne pas la vraie proportion de ce que cela signifie en termes économiques. En économie, quand on dit que vous avez sorti les gens de la pauvreté, cela veut dire que vous leur avez changé de classe sociale de la classe basse a la classe dite moyenne. La classe moyenne est par définition, celle qui mange à sa faim, dort confortablement sous un toit et cerise sur le gâteau, ou le Djakatou sur la sauce jaune de taro, économise suffisamment, pour consommer. L'Europe compte 500 millions d'habitants; à supposer même qu'ils appartiennent tous à la classe moyenne, la vérité économique est qu'ils seraient toujours la moitié de la classe moyenne chinoise, prête à consommer l'excédent du pétrole et du gaz russes que l'Europe ne veut plus consommer. Résultats des courses, en 2024, selon ces données de l'Office fédéral russe des douanes rendues publiques par l'agence russe d'informations Tass, l'Europe n'a importé de Russie que pour 68 milliards de dollars, un peu la double de l'Afrique qui est à 24 milliards de dollars d'importation de la Russie. C'est l'Asie qui a importé pour plus de 268 milliards de dollars de la Russie, avec en tête, la Chine. C'est ça la vraie révélation de la guerre en Ukraine pour la Russie : le pactole de son côté asiatique qu'elle avait trop négligé. Le président Vladimir Poutine devra remercier Emmanuel Macron et son ministre de l'économie de l'époque Bruno Le Maire qui en mars 2022, avaient promis de détruire l'économie russe. Parce qu'un peuple ne sort jamais le meilleur de lui-même tant qu'il n'est pas confronté à un danger existentiel. Je suis convaincu que ce sont ces menaces de Macron et ses amis de l'Otan qui ont servi d'électro choc qui manquait a la Russie depuis la chute du mur de Berlin, pour redevenir une puissance mondiale, non plus seulement militaire, mais aussi et surtout industrielle, économique. 150 milliards de dollars d'excédent commercial en 2024, malgré les sanctions d'une partie du monde est un exploit qu'il faut saluer. Quelles leçons pour l'Afrique ? Il ne sert a rien de pleurnicher à longueur de journée sur les torts que les deux pays coloniaux, la France et le Royaume-Uni continuent d'infliger au continent africain. Si ça dure, c'est bien parce que nous mêmes sommes complices de nos bourreaux européens. S'ils continuent de spolier l'Afrique, c'est bien parce que nous y participons activement ou passivement en tournant juste la tête ailleurs, au lieu d'être proactifs pour siffler la fin de la récréation. Ils étaient 40 pays, parmi les plus puissants de la planète pour détruire la Russie. Mais la foudroyante puissance de l'ennemi ne sera jamais suffisante pour nous nuire s'il y a chez nous une suffisante conscience généralisée de l'urgence pour préserver les intérêts suprêmes de la collectivité, du groupe, de nos pays et non plus les intérêts égoïstes de quelques uns. La Russie nous enseigne que la prospérité dépend aussi de l'intelligence que nous peaufinons dans le choix de nos alliances stratégiques. Aux jeux olympiques d'hiver de Pékin 2020, Vladimir Poutine était dans la tribune d'inauguration avec son hôte Xi Jinping, lorsque tout l'occident avait boycotté la cérémonie. Un mois plus tard, les premières sanctions de l'occident pour détruire l'économie de la Russie allaient être décidées. Ce n'est pas quand la Russie était en difficulté qu'elle est allée tendre la main à la Chine. Mais bien avant. C'est ce qu'on appelle le choix des alliances stratégiques. Les africains ne cessent de répéter une idiotie selon laquelle les pays n'ont que d'intérêts. Quand L'Union Européenne a cessé d'importer le gaz russe, ce n'était pas contre ses propres intérêts ? Ce qui compte c'est de définir qui est l'ennemi et anticiper toutes les nuisances possibles à venir provenant de cet ennemi.