QUELLES LECONS POUR L’AFRIQUE ? A la suite d’une guerre civile financée par ELF en soutient de Sassou Nguesso, jugé plus pro-français de Lissouba, ce dernier a été chassé du pouvoir, malgré ses 400 gardes présidentielles, formées grâce au juteux contrat de sécurité d’un montant de 50 millions de dollars (environ 25 milliards de francs CFA) versés à la société israélienne Ledvan, pour former et encadrer les troupes de la sécurité présidentielle du Congo. Comme quoi, la vraie sécurité d’un chef d’état, ce ne sont pas les mercenaires étrangers qui peuvent la lui garantir, mais la confiance réciproque que ce peuple lui accorde et qu’il la reçoit en retour. En accompagnant souvent les entreprises et les pays pour les négociations surtout dans différents domaines, dans le cadre des activités de consultants que nous exerçons au travers de l’Institut d’Etudes Géostratégiques (ieg) que je dirige, j’ai été souvent choqué par la simplicité avec laquelle on corrompt les négociateurs africains. Dans un cas, on offrait un voyage d’un mois de séjour dans une capitale européenne tout payé, dans un hôtel 5 étoiles. Dans un autre cas, on, c’étaient les frais d’études de deux enfants du chef des négociateurs d’un pays africain dans le secteur de la téléphonie mobile.   Il est absurde de prétendre que les populations aiment un pays africain, juste parce qu’on a investi dans l’équipe nationale de football, ou avec des inscriptions géantes disant qu’on aime son pays, pendant que les dirigeants se mettent pleins les poches et vendent le pays à a moindre occasion qui ses présente à eux. Dans la plupart des pays africains du Golfe de Guinée, la plupart des exploitations pétrolières se trouvent en haute mer, dans les eaux territoriales. Comment fait-on à mettre de la rigueur dans le contrôle de la quantité réellement produite et chargée de nuit dans les tanks pétroliers au départ de l’Europe depuis l’Afrique, lorsque le principal négociateur du contrat s’est fait corrompre ? Il ne faut pas après être surpris que lorsque dans le monde entier, les armes se sont tues, il n’y a qu’en Afrique, que les rebellions naissent tous les jours, alimentées par les jeunes désœuvrés au chômage qui ont faim. Lorsqu’il faut ajouter au petit désordre et la pauvreté que nous connaissons aujourd’hui dans de nombreux pays africains, la démographie galopante aidant, dans 20, 30 ans on n’a pas besoin d’être un magicien pour anticiper le degré d’insécurité qui sera partout. Le désordre et l’insécurité vont s’aggraver et seront très récurrentes,  partout dans une Afrique mal gérée par des politiciens incompétents, qui ne comprennent pas que lorsqu’on est pauvre, on fixe comme priorité la production et la multiplication des richesses avant même de penser de les voler ensuite.